Sharp Sharp - Le savoir faire des banlieues en Afrique du Sud
Ça bouge dans les banlieues en Afrique du sud ! On y crée, on s’active, on y invente de formidables histoires !
Des cris, des yeux, des rires émerveillés. Une joie vitale. Cette après-midi du 27 août, à Orange Farm, un township situé à 45 kms au sud-ouest de Johannesburg, des gosses jubilent et gambadent par centaines autour des marionnettes géantes qui paradent. La compagnie française Les Grandes Personnes, invitée par l’Institut Français et le réseau des Alliances Françaises en Afrique du Sud et au Lesotho, achève par une sortie dans la rue un atelier de création de marionnettes géantes, mené avec une équipe d’une quinzaine d’artistes et artisans sud-africains. Des tambours, des claquements de mains, des frappes de pied résonnent sur le macadam. Ailleurs, dans un quartier de Soweto, d’autres pieds et des bouteilles en plastique martèlent le sol. Des enfants, assis à terre, ont les yeux rivés sur l’énergumène agenouillé devant eux. Il s’appelle Carlo Mombelli. C’est un bassiste sud-africain, tendance jazz avant-gardiste. Pour l’heure, il s’agite dans tous les sens, leur donne le tempo de la formule rythmique qu’ils doivent faire gronder en frappant leurs bouteilles sur le sol. Dans le dos du musicien, des adolescents tricotent de leurs pieds bottés de caoutchouc des rythmes frénétiques, sous l’oeil vigilant du chorégraphe Moeketsi Koena. Il y a là aussi Simon Fayolle, dit Braka, membre des Urbs, l’ensemble instrumental de Lutherie Urbaine, collectif français regroupant, autour du percussionniste de jazz Jean-Louis Mechali, musiciens-luthiers, techniciens, artistes divers. Braka, Koena et Mombelli ajoutent la dernière touche à « Sharp, sharp !», un projet associant musique et danse. Sur une partition composée par Mechali, jouée comme pour toutes les créations de Lutherie Urbaine, sur des instruments fabriqués à partir d’objets et de matériaux recyclés.
« Sharp, sharp !» est construit autour de l’énergique danse pantsula, inventée par la jeunesse des townships, ces cités ghettos construites à la périphérie des grandes agglomérations sous le régime de l’Apartheid, où les populations noires étaient logées de gré ou de force. Elaboré à partir de résidences croisées et d’ateliers, « Sharp, sharp ! » navigue entre l’Ile-de-France et le Gauteng, la plus urbanisée des neuf provinces d’Afrique du Sud, celle où se situe Johannesburg, capitale économique du pays et Pretoria, sa capitale administrative. Après une représentation au carnaval de Johannesburg début septembre, où les marionnettes géantes des Grandes Personnes étaient aussi de la partie, « Sharp, sharp ! » a été montré en Ile-de-France mi-novembre à Mantes-La-Jolie pour le Festival Blues sur Seine, puis au Festival Africolor à Bagnolet. Des enfants et ados de la région parisienne tenaient alors le rôle de ceux de Soweto. En 2009, ils seront remplacés par ceux de Pretoria et Johannesburg. Cette fois, l’intégralité des participants aux ateliers sud-africain, et toute la tribu des Urbs, seront de l’aventure !
Patrick Labesse |
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Artistes liés : Lutherie Urbaine | Afrique Du Sud, France, Mozambique
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